Les droits des administrés sur les dirigeants

Les droits des administrés sur les dirigeants relèvent des six principes généraux qui suivent :

1 – Faire régner la justice entre les administrés : donner à chacun son dû. Le gouvernant doit être juste dans le domaine des droits comme des devoirs, juste dans la répartition des responsabilités, juste dans l’application des lois. Tous, devant lui, sont égaux, il ne doit préférer personne à une autre, ni favoriser un groupe au détriment d’un autre, car le Prophète dit :

« Le plus aimé des gens auprès d’Allah le Jour de la Résurrection et le plus proche de Lui est un dirigeant juste. Le plus détesté des gens auprès d’Allah le Jour de la Résurrection et qui recevra le plus grand châtiment est un dirigeant tyrannique » .
At-Tirmidzi (3/617), Hadith N 1329

2 – Ne pas commettre d’injustice vis a'vis des administrés, ni de tromperie, ni de trahison, car le Prophète dit :

“ Allah interdit l’accès au Paradis à tout individu à qui Il a confié une communauté et qui meurt en trompant sa communauté.” .
Mouslim (1/125), Hadith N 142

3 – Les consulter dans les affaires qui touchent leurs intérêts politiques et socio-économiques, tant qu’il n’y a pas de textes religieux qui régissent le cas, et leur donner l’occasion d’exprimer librement leurs pensées, idées et points de vue. Ces idées sont acceptées si elles sont compatibles avec l’intérêt général. Allah I dit :

( C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Muhammad) as été doux envers eux ! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage. Pardonne-leur donc, et implore pour eux le pardon d’Allah. Et consulte-les à propos des affaires… ) .
Sourate 3, verset 159

4 – Etablir la Charia comme source de son pouvoir et de la constitution. Il n’y a pas de place pour les constructions personnelles fondées sur les passions et dont le résultat reste aléatoire. Voyez l’exemple d’Oumar ibn Al Khattâb t, le deuxième calife, qui dit à Abou Maryam As-Salouly, le meurtrier de son frère Zayd ibn Al Khattâb après son investiture : « Je jure par Allah que je ne t’aimerai pas jusqu'à ce que la terre aime le trou qu’y creuse le rat” - Cela me privera-t-il d’un droit, s’enquit-il. Non, reprit Oumar t. Il n’y a pas de mal ! dit-il, car il n’y a que des femmes qui se chagrinent pour l’amour. »

5 – Ne pas ériger une barrière entre lui et les administrés, en refusant de les recevoir, en se montrant hautain à leur endroit, en mettant des intermédiaires entre lui et les administrés qui interdisent ou autorisent les entrevues à leur gré. Le Prophète dit :

« Quiconque assume une quelconque responsabilité des Musulmans, puis se retranche et ne fait pas cas de leur misère, de leurs besoins, de leur pauvreté, Allah ne fera pas aussi cas de sa misère, ni de ses besoins, ni de sa pauvreté, ni de son indigence le Jour de la Résurrection » .
Al Moustadrak 4/105 hadith n 7027

6 – Faire preuve de compassion envers les administrés et ne pas leur imposer plus qu’ils ne peuvent supporter ou ponctionner une part trop importante de leurs revenus. Le Prophète dit :

“Ô Allah ! Quiconque est chargé d’une responsabilité de ma communauté puis leur rend la tâche difficile, rends-lui aussi la tâche difficile et celui qui est chargé d’une responsabilité de ma communauté et se montre indulgent envers eux, sois aussi indulgent envers lui.”