La préservation de l’honneur

L’Islam a interdit tout ce qui est de nature à porter atteinte directement ou indirectement à l’honneur du Musulman, il a ainsi interdit :

La fornication. Allah I dit :

( Et n’approchez point la fornication. En vérité, c’est une turpitude et quel mauvais chemin ! ) .
Sourate 17, verset 32

Il a aussi interdit toutes les prémices qui conduisent à ce péché comme :

Le regard que l’on porte sur une personne qu’on n’a pas le droit de regarder. Le Prophète dit :

« Le regard est une des flèches empoisonnées du Diable. Celui qui s’abstient de regarder par crainte d’Allah, Allah lui donne en rétribution une foi dont il ressentira la saveur dans le cœur » .
Al-Moustadrak (4/349), Hadith 7875

L'isolement avec les personnes avec qui le mariage est permis. Le Prophète dit :

« Aucun homme ne doit s’isoler avec une femme sauf en présence d’un proche parent interdit (Mahram) –un homme se leva alors et dit : Ô Messager d’Allah, ma femme est allée faire le pèlerinage et je me suis inscrit pour telle bataille –Le Prophète lui dit : retourne accomplir le pèlerinage avec ta femme » .
Al-Boukhari(5/2005), Hadith 4935

Toucher ou embrasser une personne avec qui cela n’est pas permis. Le Prophète a dit :

« Tous les fils d’Adam commettent inéluctablement la fornication : les yeux la pratiquent et leur fornication est le regard, les mains la pratiquent et leur fornication est le toucher ; le cœur désire mais le sexe confirme cela ou l’infirme. » .
Ibn Hibbane (10/269), Hadith N 4422

La sanction prévue contre le fornicateur qui ne s’est jamais marié est la flagellation :

(La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l’exécution de la loi d’Allah –si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Et qu’un groupe de croyants assiste à leur punition. ) .
Sourate 24, verset 2

Quant au coupable ou à la coupable d’adultère qui a déjà été marié (Mouhçane – Mouhçana), sa peine est la lapidation.

Toutefois, l’application de cette peine exige l’une de ces deux conditions :

L’aveu manifeste du forfait par le fornicateur et la fornicatrice. La sentence n’est pas appliquée dès le premier aveu, mais on se détourne d’eux plusieurs fois.

Le témoignage de quatre personnes intègres qui décriront l’acte dans ses moindres détails, c’est-à-dire la pénétration. Cela n’est évidemment possible que s’ils exposent leur délit au grand jour afin que ces témoins puissent les voir. Ce n’est pas exagéré de dire qu’il est presque impossible de parvenir à cela, car ces délits, d’habitude ne sont commis qu’en cachette, loin de tout regard. De toute l’histoire de l’Islam, on n’a observé que deux ou trois cas où cette peine a été appliquée suite à l’aveu même des contrevenants et sur leur demande.

Il faut absolument éviter tout soupçon, la peine n’est pas appliquée à cause d’un simple baiser ou pour des embrassades ou des flirts qui n’aboutissent pas à l’acte sexuel proprement dit.

Toujours dans le souci de protéger l’honneur des individus, l’Islam a interdit la diffamation. Quiconque accuse un homme ou une femme de débauche et n’arrive pas à le prouver est passible de la peine de diffamation qui consiste à lui administrer quatre-vingts coups de fouet, car Allah I dit :

( Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups de fouet, et n’acceptez plus jamais leur témoignage. Et ceux-là sont les pervers) .
Sourate 24, verset 4

Dans le même ordre d’idée, l’Islam a interdit toute parole ou tout acte qui porte atteinte à la dignité et à la réputation de l’Homme, blesse ses sentiments et offense son amour-propre, Allah I dit :

( Ô vous qui avez cru ! Qu’un groupe ne se raille pas d’un autre groupe : ceux-ci sont peut-être meilleurs qu’eux. Et que des femmes ne se raillent pas d’autres femmes : celles-ci sont peut-être meilleures qu’elles. Ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux). Quel vilain mot que «perversion» lorsqu’on a déjà la foi. Et quiconque ne se repent pas… Ceux-là sont les injustes. Ô vous qui avez cru ! Evitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché. Et n’espionnez pas et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? (Non !) Vous en aurez horreur. Et craignez Allah. Car Allah est Grand Accueillant au repentir, Très Miséricordieux. ) .
Sourate 49, versets 11-12

La préservation de la parenté

Compte tenu de l’importance de la famille et de la place qu’elle occupe dans l’Islam –en tant que cellule de base de la société– l’Islam veille avec beaucoup de soin sur elle afin de la préserver du désordre et de tout risque de dispersion. La parenté est le lien qui unit les membres de la famille les uns aux autres et permet à chacun des proches parents de connaître l’autre et de lui donner son dû, conformément aux prescriptions d’Allah sur le fait d’entretenir les liens de parentés et de respecter les devoirs qui s’y rattachent. Le Prophète dit :

« Apprenez de votre généalogie ce qui vous permet d’entretenir vos liens de parenté, car l’entretien du lien de parenté suscite une affection envers les proches parents, un accroissement de la richesse et de la longévité » .
Al-Moustadrak (4/178), Hadith N° 7284

C’est pour cela que l’Islam a tout fait pour mettre la parenté à l’abri de la confusion qui conduit à la destruction de la société, aux unions incestueuses, à l’attribution de l’héritage à ceux qui n’y ont pas droit et la spoliation de ceux qui en ont droit. Le Prophète dit :

« Toute femme qui introduit dans une famille un enfant qui n’y appartient pas contredit la religion d’Allah et Il ne l’introduira pas dans Son Paradis. Et tout père qui nie son enfant alors qu’il le voit, ne verra pas Allah et Il le déshonorera devant les premières et les dernières générations » .
Ibn Hibbane (9/418), Hadith 4108

L’Islam a démantelé les mauvaises pratiques en vigueur autrefois tant chez les Arabes que chez les non Arabes, notamment :

L’adoption : elle consistait pour l’homme à choisir un individu ne faisant pas partie de sa progéniture pour lui attribuer sa propre filiation de façon à ce qu’il ait les mêmes droits et devoirs que ses propres enfants. Allah I dit :

( Allah n’a pas assigné à l’homme deux cœurs dans sa poitrine. Il n’a point assimilé à vos mères vos épouses [à qui vous dites en les répudiant] : “Tu es [aussi illicite] pour moi que le dos de ma mère”. Il n’a point fait de vos enfants adoptifs vos propres enfants. Ce sont des propos [qui sortent] de votre bouche. Mais Allah dit la vérité et c’est Lui qui met [l’homme] dans la bonne direction. Appelez-les du nom de leurs pères : c’est plus équitable devant Allah. Mais si vous ne connaissez pas leurs pères, alors considérez-les comme vos frères en religion ou vos alliés… ) .
Sourate 33, versets 4 et 5

La reconnaissance de l’enfant : elle consistait à priver l’enfant légitime de la filiation de son père jusqu’à ce que ce dernier le reconnaisse explicitement et accepte qu’il rejoigne sa lignée. L’Islam interdit cette pratique qui bafoue la valeur du contrat de mariage, soumet les affaires de la famille aux caprices du mari, insulte à la dignité de la femme, attaquée dans son honneur, et constitue enfin un germe de discrimination entre les enfants qui met à mal le lien de parenté. C’est pourquoi l’Islam a institué que tout enfant qui naît dans un cadre légitime est automatiquement considéré comme le fils ou la fille du mari, sans qu’il y ait besoin de son consentement ou de sa reconnaissance explicite, car le Prophète a dit :

« L’enfant appartient au lit » .
Al Boukhari (2/852), Hadith 2289

Fait exception à cette règle le cas prouvé de l’infidélité conjugale de l’épouse qui conçoit d’un autre que son mari. Il y a bien sûr des lois qui régissent ce cas dans la Législation islamique et qu’on ne saurait détailler ici.

Le désengagement du lien de parenté (Al-Khoul’) : qui consistait à permettre au chef de famille de se désengager de certains membres légitimes de sa famille. Ainsi, leur parenté mutuelle était rompue de telle sorte qu’il devenait un étranger par rapport à eux. Le Prophète dit à cet effet :

« Deux choses chez les gens font partie des pratiques de la mécréance : la contestation de la parenté et les lamentations sur le mort » .
Mouslim (1/82), Hadith 67

L’affiliation de la femme mariée à son mari : Dans la Législation islamique, la femme conserve son nom et celui de sa famille et sa parenté d’origine après son mariage. Il est interdit de lui attribuer le nom de son mari, de la famille de ce dernier et sa filiation. C’est là, sans aucun doute, un grand honneur rendu à la femme et une reconnaissance de sa dignité, de son indépendance et de son égalité avec l’homme dans la valeur humaine. Le Prophète dit :

« Quiconque se donne une autre filiation que celle de son père ou s’attribue une alliance avec des gens autres que ses alliés est maudit par Allah, Ses anges et tous les hommes » .