La préservation de la religion

Le Djihad a été prescrit en Islam dans le but de diffuser la religion d’Allah et de combattre toute personne qui se pose en obstacle à sa transmission, car c’est un message universel. Notons qu’il ne s’agit pas là d’un fait nouveau, mais que cela fait partie des principes approuvés par les législations célestes antérieures à l’Islam : les âmes humaines ne sont pas toutes semblables et le bien et le mal ont toujours coexisté depuis la création de l’univers. Le jihad fut donc prescrit en Islam, comme cela avait été le cas dans les religions antérieures, pour renverser l’autorité des tyrans qui asservissaient les hommes, et pour détourner les hommes du culte des créatures vers l’adoration du Seigneur des créatures et les faire passer de l’injustice des tyrans à la justice de l’Islam.

Le jihad a aussi pour vocation de défendre et protéger le message d’Allah de la manœuvre des pervers. Une fois que le message a été transmis et patiemment expliqué, les gens sont libres de croire ou de ne pas croire, car l’Islam est un message universel destiné à tout le monde sans aucune exception et qui contient les meilleurs principes du bien et de la justice. Toutefois, le Djihad islamique ne vise pas à contraindre les gens à embrasser l’Islam ; c’est plutôt le devoir de transmission qui exige de combattre et de mettre hors d’état de nuire toute personne qui empêche que l’appel de vérité soit transmis à tout le monde. Allah I dit :

( Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement) .
Sourate 2, verset 256

Dans l’Islam, le combat a des normes ; on ne tue parmi les ennemis que ceux qui participent et aident au combat. Quant aux personnes âgées, aux enfants, aux femmes et aux malades, ils ne sont pas combattus ainsi que ceux qui soignent les malades, les blessés et les dévots qui se consacrent à l’adoration. On ne tue pas les blessés, on ne défigure pas les morts, on ne tue pas les animaux, on ne détruit pas les habitations, on ne pollue pas les cours d’eau et les puits, on n’achève pas le blessé et on ne poursuit pas le déserteur, car Allah I dit :

(Certes, Allah n’aime pas les corrupteurs) .
Sourate 28, verset 77

Le Prophète dit aussi :

« Combattez au nom d’Allah, dans le chemin d’Allah, celui qui ne croit pas en Allah, combattez et ne trahissez pas, ne mutilez pas et ne tuez pas d’enfants » .
Mouslim, Hadith 1731

Voici la recommandation qu’Abou Bakr As-Sidiq t, le premier Calife du Messager d’Allah r, disait à ses armées lorsqu’il les envoyait au combat : “Arrêtez-vous un instant, je vous adresse dix recommandations que vous veillerez à garder à l’esprit :

« Ne trahissez pas, ne fraudez (pas sur le butin conquis), ne violez pas l’engagement pris, ne mutilez pas les morts, ne tuez ni enfant en bas âge, ni vieillard, ni femme ; ne coupez ni ne brûlez les palmiers, ne coupez aucun arbre fruitier ; n’égorgez ni brebis, ni vache ni chameau, sauf pour en manger. Vous verrez des gens reclus dans des ermitages, laissez-les tranquilles dans leur pratique ; et vous verrez aussi des gens qui vous présenteront des plats avec différents mets, lorsque vous en mangerez, évoquez dessus le nom d’Allah ; vous rencontrerez aussi des gens qui ont rasé le milieu de leur tête et laissé les cheveux tout autour comme des bandeaux -ce sont les combattants qui portent les sabres-, combattez-les durement avec vos sabres, élancez-vous au nom d’Allah. »

Les prisonniers ont des droits en Islam, ils ne doivent ni être torturés ni humiliés, ni mutilés ni privés de nourriture et de boisson jusqu’à la mort, car Allah I dit :

(…et offrent la nourriture, malgré son amour, au pauvre, à l’orphelin et au prisonnier, (disant) : “C’est pour le visage d’Allah que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude”) .
Sourate 76, verset 4

Ensuite, l’Etat islamique peut les libérer en exigeant ou non une rançon, ou contre des prisonniers Musulmans, car Allah I dit : ( Puis, quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. Ensuite, c’est soit la libération gratuite, soit la rançon, jusqu’à ce que la guerre dépose ses fardeaux. )

Quant aux vaincus, on ne doit ni porter atteinte à leur honneur, ni piller leurs biens, ni avilir leur personne, ni détruire leurs demeures, ni commettre aucun acte de vengeance ou de représailles à leur encontre, mais on doit au contraire être bienveillant à leur égard, ordonner le convenable et interdire le blâmable, leur rendre justice et respecter leurs croyances, car Allah I dit :

( Ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accomplissent la Salât, acquittent la Zakât, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable. Cependant l’issue finale de toute chose appartient à Allah )
Sourate 22, cerset 41

On demande seulement, à ceux qui n’embrassent pas l’Islam et qui veulent conserver leur religion, de payer une somme insignifiante appelée “Djizya” en contrepartie de la protection de leur honneur, de leurs biens et de leurs personnes et afin qu’ils jouissent des mêmes droits que les Musulmans conquérants. Khalid ibn Al-Walid t, dans un de ses traités, dit ceci :

« J’ai signé avec vous un accord sur la Djizya et la protection. Si nous vous protégeons, nous avons droit à la Djizya ; sinon, vous ne nous devez rien jusqu’à ce que nous vous protégions. » .
La Chronique de Al-Balazary

La preuve que l’Islam est la religion de miséricorde, de compassion et de justice est que la Djizya n’est pas exigée au pauvre, à l’enfant, à la femme, aux dévots, aux aveugles et aux infirmes. L’Islam est allé même plus loin en imposant à l’Etat islamique la protection et la prise en charge de ces catégories par le Trésor public islamique. Dans l’une des clauses du pacte

« Toute personne âgée qui est incapable de travailler ou qui est victime d’une affection ou qui est devenue pauvre après avoir connu l’aisance au point de ne plus vivre que de la charité de ses coreligionnaires, n’est plus soumise à la Djizya et sera prise en charge ainsi que sa famille par le Trésor public islamique.” .
Al-Kharadj De Abou Youssouf, p.144

Nous avons un autre exemple avec Oumar ibn Al-Khattâb t, l' Emir des Croyants et le deuxième calife du Messager d’Allah r, qui passa un jour près d’un vieillard Juif qui mendiait. Lorsqu’il s’enquit de son cas, on lui apprit qu’il faisait partie des gens soumis à la Djizya. Il dit alors : « Nous ne serions pas justes à ton égard, si après avoir perçu de toi la Djizya dans ta jeunesse, nous t’abandonnions dans ta vieillesse » ; puis, il le prit par la main, l’amena chez lui et lui donna de la nourriture et des vêtements, ensuite envoya ce message au directeur du Trésor public islamique : « Occupe-toi de cet homme et des gens qui sont dans une situation semblable et donne-leur ainsi qu’à leur famille une pension suffisante au nom du Trésor public islamique, car Allah a dit : ( Les Sadaqâts ne sont destinées qu’aux pauvres, aux indigents… ), les pauvres sont les Musulmans et les indigents sont les gens du Livre » .